- Réveille toi Sophia, on prend une pause, et ensuite on n'arrête pas avant la nuit- Mais, il fait déjà noir- C'est un fait, mais nous avons encore environ trois heures de toute à faire pour prendre un peu d'avance- D'accord, j'arrive. À ce que je constate, nous avons fait beaucoup de chemin depuis notre pause pour manger. Il fait maintenant noir et nous sommes seuls, dans une halte routière. Je branche mon iPod aux haut-parleurs, avant de sortir de la voiture et de le rejoindre, assis sur le capot.
- Les étoiles sont magnifiques, ce soir- Oui, c'est vraiLe silence s'installe, alors que ma chanson fétiche pour me défouler commence à jouer. Ne pouvant résister à la tentation, je me lève, m'éloigne un peu et me met à danser comme une folle. Je danse toujours seule, mais j'ai longtemps pris des leçons. Après quelques chansons rythmées, une musique plus lente commence.
- Lucas, viens danser avec moi- Je ne sais pas Soph, on devrait repartir- S'il te plaît, juste une fois- D'accord, ça vaIl se lève, s'approche lentement. Il glisse ses mains autour de ma taille, alors que je me rapproche, ma tête doucement appuyée contre son torse. Sa présence, si proche, m'emplit de joie. Et de désir aussi, ce qui pourrait poser un problème. Je peux garder pour moi mon amour, mais j'ai bien peur d'avoir de la difficulté à dissimuler cette envie, n'ayant jamais vraiment côtoyé de garçons. Et peu après, la chanson termine.
- Allez, Sophia, en routeSa voix est rauque, inhabituelle. Je me recule, une interrogation dans les yeux, et je vois qu'il est déjà redevenu imperturbable. Avec un sourire en coin, je continue à reculer, puis je me mets à courir. L'air frais me fait du bien, et me course aussi. Il y avait une éternité que je n'avais pas pu le faire. Lucas, exaspéré, se lance à ma poursuite, mais je ne suis pas facile à attraper. D'un geste brusque, il coupe mon élan, et je tombe sur le dos, l'entraînant dans ma chute. Il est sur moi, son visage devant le mien. Ma poitrine se soulève rapidement, ce qui peut passer pour de l'essoufflement n'est en fait que du désir. Pendant un long moment, nous nous contentons de nous regarder dans les yeux, mais il finit, par poser ses lèvres sur les miennes, et dès lors, plus rien ne compte. Il m'embrasse doucement au début, puis passionnément. Ayant obtenu ce que j'ai toujours désiré, je lui réponds avec ardeur. J'avais complètement oublié où nous étions, et pourquoi et je ne protestai pas lorsque sa main se glissa sous mon chandail, puis sur ma hanche. Mais la réalité nous rattrapa brusquement lorsque son téléphone sonna. Il se releva rapidement sans un regard de plus pour moi. Docilement, je me relève, et retourne m'asseoir dans la voiture, sachant que cet agréable intermède ne se produira sans doute plus. Il me rejoint, et me regarde longuement avant de finalement ouvrir la bouche.
- Soph, ça ne peut plus arriver- Évidemment, je ne suis pas assez bien pour toi- Ce serait plutôt le contraire- Et pourquoi ça?- Tu es la fille du chef de la mafia Montréalaise. Je ne suis rien, nous n'appartenons pas au même monde- Tu te trompes, je n'appartiens pas à la mafia, je ne suis même pas dans la hiérarchie- Mais tu es la seule famille du parrain, il ne me le pardonnerait jamais- Il n'a pas à le savoir- Ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles le sont, ça ne se reproduira plus.Je me mure dans un silence hostile. Pourquoi accorde-t-il tant d'importance à cette fichue hiérarchie dont je ne sais même pas partie? Même si nous ne sommes pas toujours d'accord, mon père et moi, je sais qu'il ne veut que mon bien, jamais il ne ferait du mal à Lucas à cause de moi. Si seulement il pouvait comprendre, et savoir à quel point je l'aime.
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